Site de l'Association "Société Paul Bert", destiné à mieux faire connaître Paul Bert, l'homme et l'oeuvre. Il fait état des activités de l'association qui, à travers la figure emblématique de Paul Bert, cherche à défendre et à promouvoir les valeurs qu'il incarne, tant sur un plan scientifique que sur un plan politique.

Discours d'hommage à Paul Bert

    Cérémonie Paul Bert 11 novembre 2016

 

Monsieur le ministre, Monsieur le député, Monsieur l’adjoint au Maire, chers amis,

 

Nous voici, comme chaque année, réunis autour du monument Bartholdi pour rendre hommage à Paul Bert.

11 novembre 1886, 11 novembre 2016, vous remarquez que nous fêtons aujourd’hui le 130ème anniversaire de la mort de cet illustre auxerrois.

Célébrer la mémoire d’une grande figure comme celle de Paul Bert, c’est d’abord, pour nous, reconnaître une dette. Celle que nous  devons à Paul Bert est considérable : sur le plan politique, c’est l’école de la République, gratuite, obligatoire et laïque,  cette école dont Paul Bert voulut qu’elle fut  l’instrument de la formation d’un citoyen libre de préjugés et suffisamment éclairé pour donner tout son sens au suffrage universel; sur le plan scientifique, nous lui devons d’avoir posé toutes les bases de ce qu’on appelle aujourd’hui la médecine hyperbare, mais aussi d’avoir mis au point la première véritable méthode d’anesthésie qui rende supportables les actes chirurgicaux. Mais cette dette crée en même temps pour nous un devoir, celui de recueillir cet héritage pour le faire fructifier et léguer aux futures générations un meilleur avenir. L’homme se relie à l’humanité quand il fait passer cette dette et le devoir qu’elle implique de génération en génération. Sommes-nous bien à la hauteur de ce devoir ? La question mérite d’être posée.

Mais j’ajouterai une chose : un héritage n’est vraiment vivant que lorsqu’il nous aide à nous orienter dans les problèmes qui nous préoccupent aujourd’hui. La Société Paul Bert que j’ai l’honneur de présider s’attache à montrer que c’est bien le cas des engagements et de la pensée de celui que nous honorons.

L’année dernière, ici-même, je soulignais la nécessité de développer au sein de notre jeunesse l’esprit critique dont Paul Bert considérait qu’il était seul à même de nous mettre à l’abri de tous les dogmatismes. Je m’alarmais du nombre considérable de jeunes français tentés par l’extrémisme  islamique qui s’engageaient en Syrie ou en Irak pour faire le Djihad. Deux jours plus tard, le 13 novembre, l’obscurantisme fanatique devait frapper les parisiens. Depuis, l’attrait que radicalisme islamique exerce sur notre jeunesse n’a fait que s’amplifier, toutes origines et toutes confessions confondues. Olivier ROY a bien montré que ce ne sont pas des islamistes qui se radicalisent mais des jeunes radicalisés qui s’islamisent, radicalisés par la rancœur, avides d’idéal et d’héroïsme.

 Le souvenir de Paul Bert nous exhorte à nous poser la question de savoir comment immuniser notre jeunesse contre cette tentation du radicalisme, comment la détourner du rêve puéril et dangereux d’un monde enchanté, comment étancher sa soif d’idéal autrement que dans ce que lui proposent les « fous de Dieu » de Daech ?

 

Il n’y a pas, bien évidemment, de remède miracle, mais on peut penser qu’une partie au moins de la réponse est dans le discours que Paul Bert a tenu lors de la remise des prix du Lycée Fontanes –aujourd’hui Lycée Condorcet de Paris- en aout 1879.

Après avoir montré en quoi les méthodes scientifiques sont propres à former une discipline de l’esprit, Paul Bert souligne dans ce discours que cela non seulement ne suffit pas mais serait dangereux si cet enseignement n’était pas complété, corrigé et sublimé par une « haute culture littéraire »  qui donne de la hauteur et ses buts à la culture scientifique. Elle seule –dit-il- peut donner à la pensée ce désintéressement qui n’accepte l’utile qu’en le mettant au service de l’idéal. Je rapporte ici les mots de Paul Bert :

« Il faut [que nos jeunes citoyens] soient habitués à regarder en haut ; il faut que l’éducation allume dans les âmes le désir ardent de se servir de la science pour quelque but élevé ; il faut que le Sursum corda frémisse au fond de tout enseignement, il faut que le culte du beau, que le respect du non-utile, que l’amour de l’idéal, imprègnent fortement les jeunes esprits. »

Belle expression Sursum corda, élevons les cœurs, on parlerait aujourd’hui d’un « supplément d’âme », voila ce qu’il faut apporter par-dessus tout à notre jeunesse, lui donner  des occasions d’admirer, admirer les œuvres de l’esprit, alors que le plus souvent on n’encourage que ses tendances à soupçonner, à démystifier, à tout tourner en dérision.

L’école assure-t-elle aujourd’hui encore la tâche à laquelle Paul Bert la destinait ? Tétanisée par la hantise collective du chômage, l’école est dominée par une idéologie techniciste et utilitariste qui la pousse à n’enseigner  que des savoir-faire, des compétences, au détriment  de la transmission d’une véritable culture. Sa tâche, de plus en plus étroite, vise à rendre les enfants efficaces, au point qu’elle en arrive trop souvent à ne produire que ce que les sociologues appellent des instruits-incultes. Rappelons-nous la leçon de Paul Bert, il faut tirer les enfants vers le haut car autant un être seulement efficace reste sur une frustration de grandeur, autant un être cultivé sera facilement et a fortiori efficace.

En matière de « déradicalisation », ce ne sont pas des psychologues qu’il faut envoyer auprès de ceux qui sont tentés par l’extrémisme fanatique, mais des savants, des poètes, des peintres ou des musiciens. L’école sera un bon rempart à opposer au fanatisme quand elle ne craindra plus de faire admirer dans ses classes les grands textes qui élèvent l’esprit et les héros qui incarnent dans la chair de leur vie les valeurs auxquelles nous croyons. Il n’y a pas à craindre de viser très haut, rien n’est pire que la condescendance qui veut se mettre à la portée des humbles dont on préjuge qu’ils sont inaccessibles à la grandeur. Tous les enfants ne demandent qu’à admirer et il suffit souvent d’une seule expérience d’éblouissement dans l’enfance ou la jeunesse pour décider de l’orientation de toute une vie.

Paul Bert, par sa vie, son œuvre et les valeurs qu’il incarne n’est sûrement pas le dernier à mériter cette admiration et notre présence au pied de cette tombe  témoigne de l’attachement que nous avons à faire vivre son héritage. La gerbe que nous allons maintenant y déposer portera témoignage de cet attachement.

 


Cerémonie Hommage Paul Bert

Les membres de la Société (et amis de) Paul Bert sont invités à assister à la cerémonie d'hommage à Paul Bert qui se déroulera vendredi 11 novembre 2016 à 15 heures au cimetière Saint-Amâtre à Auxerre.


statue de Paul Bert à Auxerre

 


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